Nous sommes dans l'avion, sur le tarmac de l'aéroport Charles De Gaulle. Un peu comme à la foire juste avant le début des loopings, au moment où on se demande s'il est encore possible de changer
d'avis. Tout bien réfléchit douze semaines, c'est quand même pas rien. Je parle pas couramment la langue et si je ne savais pas faire ce qu'ils vont me demander.
-We are happy to welcome you in our company.
Là c'est peu être trop tard. J'attache ma ceinture et regarde à travers le hublot. La piste commence à défiler sous mes yeux de plus en plus vite. L'avion accèlere un grand coup et soudain, on
décolle. Les hôtesses expliquent les consignes de secours en anglais dans une chorégraphie assez ridicule. Puis le stewart passe avec le chariot et je me sens obligé de commander des M&Ms
pour tester l'anglais "en vrai". 1h35 plus tard, nous atterrissons après un survol de Newcastle au soleil couchant.
Nous sortons par l'arrière de l'avion, descendons un petit escalier et ça y est; on y est! Direction le tapis roulant où on récupère nos affaires et nous continuons vers le métro. Pas de pièces
pour le distributeur de billet, nous retournons dans l'aéroport acheter un café pour avoir de la monnaie et là c'est beaucoup moins drôle, la caissière me pose des questions que je ne comprends
pas mais au final j'arrive à commander ce que je veux. Nous retournons donc vers le distributeur pour nous rendre compte qu'il y avait un appareil qui fait de la monnaie juste à côté. On rentre
dans le métro sans trop savoir où on va. Des compatriotes nous guident, tandis que les locaux essaient de nous perdre en nous indiquant la mauvaise station mais nous finissons par atteindre la
gare. Nous commandons les billets grâce à la touche "drapeau français" au début du menu et allons attendre notre train sur le quai pendant une heure. Un très vieux train s'arrête et nous montons
dedans. Nous nous installons chacun sur une banquette, la tête contre la vitre, juste au dessus du radiateur, fatigués par cette journée de 25 heures. Les portes devant nous sont presque
arrachées à chaque fois qu'on double un autre train. Je somnole en regardant les paysages anglais glisser contre la vitre. Et puis le contrôleur annonce notre gare. Nous descendons et retrouvons
les autres qui nous emmènent jusqu'à l'appart. Premiers instants à gauche de la route et ça fait très bizarre! La voiture se gare, on arrive enfin après 10 heures de voyage!